Anne Soullez, photographe

Focus sur l’auteur de la Une de la revue “Et Après ?” n°2

Suite à la publication en ligne de la revue “Et Après ?” il y a quelques jours, nous vous proposons de découvrir les raisons du choix de la Une du magazine dont la photographie a été réalisée par la photographe normande Anne Soullez. Passionnée de photographie depuis ses 15 ans, Anne Soullez fait partie de ceux qui ont choisi de vivre de leur passion,  après une carrière dans les ressources humaines. En tant que photographe corporate, elle a décidé d’exercer un métier qui allie en même temps sa passion et ce qu’elle avait pu percevoir des entreprises lorsqu’elle travaillait dans les ressources humaines. C’est ainsi qu’elle a choisi en 2019 de se professionnaliser à l’école Spéos à Paris avant de lancer son activité en tant que photographe corporate.

Anne Soullez, photographe corporate basée au Vaudreuil dans l’Eure, nous explique son choix dans une interview

Comment vous est venue l’idée de cette photographie ? 

Je suis partie du mot “résilience” qui, pour moi, est à la base de ce magazine. Après quelques recherches, j’ai voulu utiliser la définition que j’ai trouvée, à savoir : la capacité d’un matériau à reprendre sa forme initiale après une déformation. Je suis partie du fait que la crise peut être perçue comme la déformation et que même si on la subit on fait tout pour se relever.

Quel message avez-vous souhaité véhiculer avec cette photo ? 

Les deux mots phares qui m’ont guidée lors du shooting sont “souffrir” et “se relever”. J’ai donc imaginé une sorte de forêt dont tente de sortir un homme qui a subi des épreuves et qui commence à voir la lumière au bout du tunnel. Il ne faut pas oublier non plus que la résilience c’est aussi la capacité à se souvenir des épreuves, pour faire face à d’autres obstacles plus tard. Je voulais montrer l’envie de se battre. Cela fait partie du métier de photographe de raconter une histoire et des émotions, faire passer un message. C’est d’ailleurs pour cela que le personnage est maquillé avec des traces noires et porte un costume défait pour signifier que le métier d’entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille.

Dans votre travail, qu’est-ce qui anime votre recherche ? 

Valoriser des savoir-faire, des équipes, créer une connexion avec mes clients, parvenir à les connaître… A mon sens, il est nécessaire de prendre un temps pour se découvrir afin d’essayer de faire ressortir ce que j’ai perçu d’eux. Mon objectif est de mettre en lumière un sourire, un trait de personnalité ou si je suis dans leurs locaux, valoriser leurs collaborateurs, ou encore refléter une ambiance de travail dans la vie de tous les jours de l’entreprise.

Portrait de Anne Soullez

Que cherchez-vous à capter lorsque vous produisez un cliché ?

Que les images soient singulières et marquent ! J’essaye de faire en sorte que l’identité de la personne ou de l’entreprise soit mise en valeur pour dégager une émotion ou véhiculer l’ADN de l’entreprise. Retranscrire ce que je perçois lors du shooting, capter l’émotion ressentie sur le moment ou un élément de la personnalité finalement. C’est ce sur quoi je me concentre pour que les gens se disent “Ah oui c’est bien elle ou lui !”

A partir de quel moment êtes-vous satisfaite de votre travail ? 

Il y a toujours le premier quart d’heure où le modèle n’est pas très à l’aise. Régulièrement, (et encore cette semaine avec Lena, ma stagiaire), je passe de l’autre côté de la barrière pour me faire prendre en photo. Cela me fait réaliser que ce n’est pas si simple de poser et j’ai d’autant plus pris conscience de l’importance de l’échange informel pour mettre à l’aise le modèle. C’est important de se remettre en question, de percevoir ce que ressent une personne qui n’est pas coutumière de poser devant l’objectif. Mon but est de trouver ce qui les rend beaux, dans quelle posture ils sont le plus à l’aise et ce qui les met en valeur en privilégiant le naturel tout en travaillant la prise de vue. D’où l’importance du vocabulaire à employer et de la teneur des échanges avec le modèle pour le mettre à l’aise. Lors d’un shooting, je montre régulièrement à mon client ce que je fais et plus il me dit que les clichés lui plaisent, plus on avance vers l’objectif voulu. Une fois qu’on a l’expression, le plus dur est fait et on re-travaille ensuite les postures. 

Quand avez-vous su que vous teniez votre photo pour la revue ? 

Au fur et à mesure que je prenais les photos, je me disais “Ai-je bien répondu à la demande que l’on m’a faite ?” Et à un moment donné, j’ai réalisé que je l’avais, cette photo. Alors après bien sûr, j’en ai sélectionné plusieurs parce que c’est important de donner du choix au client. Mais c’est parfois difficile de raconter plusieurs choses dans une photo car chaque détail a son importance. Parfois on a une superbe expression mais il manque une main ou autre et on recommence pour la reproduire mais cela ne donne pas tout-à-fait pareil. C’est ce qui fait la beauté de l’instant où l’on prend le cliché.  

Anne Soullez, nous raconte l’histoire de trois de ses clichés

Portrait de Chloé, la fille d’Anne Soullez

“C’est un des portraits qui me touche particulièrement car j’y vois sa douceur, son lâcher prise. C’est un portrait simple mais percutant. C’est exactement ce que je cherche à faire avec mes clients, les sublimer : être soi tout simplement.”

Photographie sur l’instant d’une église en Lettonie

“En voyant cette scène, je n’ai pas hésité une seconde car j’y ai vu un tableau de Vermeer. Une photo prise sur le vif avec mon téléphone portable ! Comme quoi, le matériel n’est pas le plus important…”

Photographie pour le groupe Pochet : rangement des bouteilles de parfum.

“C’est le geste en lui-même et la création artistique du noir et blanc qui m’ont tout de suite plu”